Quand on est acteur ou actrice, l’interprétation d’un personnage passe par un texte, mais également par le corps. Jouer quelqu’un ou quelque chose, c’est l’habiter, des pieds, aux cordes vocales en passant par le costume.

Et pourtant, les comédiens ne sont pas toujours sur scène ou devant un objectif. Un des versants de leur travail se trouve dans la voix, et uniquement la voix. Lorsqu’ils jouent pour une fiction audio, lorsqu’ils sont les narrateurs d’un livre audio, ou encore qu’ils font du doublage. Comment jouer avec sa voix uniquement, sans pouvoir être vu ? Comment faire passer les émotions ? 


«Tout ça se fait avec la même sensibilité, assure notre invité Noam Morgensztern, pensionnaire à la Comédie Française. Moi je joue énormément à l’écoute, et je fais vraiment très attention au regard qu’on porte sur moi». Et il sait de quoi il parle : ce comédien est narrateur de livres audio, il fait du doublage, des lectures en public, il poursuit une carrière de musicien, d’ingénieur du son et de directeur de théâtre. Bref, il était le témoin idéal pour débattre de cette question de jouer la comédie avec sa voix.

Noam Morgensztern est pensionnaire de la Comédie Française depuis le 12 avril 2013. Ici, il lit Tristes tropiques, de Claude Lévi-Strauss, au musée du Quai Branly en mars 2015.

Pour ce fanatique de radio, les fictions radiophoniques s’avalent avec autant de frénésie qu’une série Netflix. Son dernier souvenir de fiction ? «57 rue de Varenne que je viens de dévorer des oreilles. Et du même auteur, François Pérache, je viens de terminer De guerre en fils, et pour le coup on voit la différence de patte entre Radio France et le côté punk d’Arte Radio qui est vraiment génial».

Autre expérience de ce touche-à-tout qui intéresse forcément L’Air du Son : Noam Morgensztern interprète Tintin dans une adaptation radiophonique des albums d’Hergé, coproduite par France Culture, Moulinsart et la Comédie-Française.

Il revient sur la difficulté de jouer ce personnage : «Tintin ne pense absolument pas à autre chose que ce qu’il dit (…) il n’a pas de rancune, il n’a pas d’orgueil, il n’a pas de désir, il n’est que sur l’instant présent (…) c’est très difficile à jouer». Et comment rendre compte des aventures de Tintin ? Lui qui passe 24 albums à courir après des méchants. «Le réalisateur, c’est mes oreilles», affirme le comédien, qui se teste avant tout sur son propre jeu : «C’est lui qui me dit si ce que je joue est convaincant».

Au cours de l’émission, Noam Morgensztern pourra écouter Françoise Cadol, voix française d’Angelina Jolie, de Sandra Bullock ou encore de Marie-Alice Young dans la série TV Desperate Housewives, mais aussi narratrice de livres audio. «Ce qui est très intéressant dans un livre audio, explique-t-elle, c’est qu’il faut raconter les personnages, raconter une histoire, tout en ayant un positionnement qui n’est pas simple à trouver, parce qu’on est pas les personnages».

Il réagira également au travail du réalisateur Cédric Aussir qui tourne une adaptation sonore de Don Quichotte avec Bernard Ménez, prévue pour janvier 2018 sur France Culture, et également aux propos du comédien Christophe Reymond qui explore sur les difficultés liées au métier de comédien de radio.

Podcast animé par Andréane Meslard, avec Sophie Massieu.

Article par Andréane Meslard.


RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ÉMISSION

Munich (Steven Spielberg, 2005), Vania (Julie Deliquet, Comédie Française, 2016), 57 rue de Varenne (François Pérache, France Culture, 2014), De guerre en fils (François Pérache, Arte Radio, 2016), Tintin et le lotus bleu (Benjamin Abitan, France Culture), L’ingénieux Don Quichotte de la Manche (Cédric Aussir, France Culture, 2018), Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes (François Christophe, France Culture, 2011), Fendre l’armure (Anna Gavalda, Audiolib, 2017).


CRÉDITS

L’air du son est une production Audible / Binge Audio. Enregistré le 10 octobre 2017 à l’Antenne Paris (10, rue la Vacquerie 11ème). Direction de production : Joël Ronez. Chargé de production et d’édition : Camille Regache. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles. Réalisation : Jules Krot. Musique originale : François Clos. Moyens techniques : Binge Audio / L’Antenne Paris.