Les hommes et les femmes ne parlent pas de la même manière. Ni entre eux, ni lorsqu’iels s’adressent au genre opposé. De quelle manière le langage contribue t-il à la fabrique des masculinités ? À l’inverse, comment le genre détermine-t-il la manière de parler ? Qu’est ce que le mansterrupting, pourquoi est-ce aussi courant ? 

Le langage structure tous les rapports sociaux : les relations professionnelles, la place au sein de la famille, la portée des revendications dans les décisions sociales et politiques… Que disent les pratiques linguistiques des rapports de domination à l’oeuvre au sein de la société ? En quoi le langage tel qu’il existe aujourd’hui favorise-t-il la monopolisation du pouvoir par le groupe des hommes ?

Réponses avec Luca Greco, professeur de sociolinguistique à l’université de Lorraine et animateur de l’association GSL (Genre, sexualité et langage). Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages qui traitent de ces questions : « La Face cachée du genre : langage et pouvoir des normes  », co-écrit avec Natacha Chetcuti (éditions de la Sorbonne Nouvelle, 2012) et plus récemment « Dans les coulisses du genre, la fabrique de soi chez les drag kings  » (éditions Lambert Lucas, 2018).


RECOMMANDATION DE L’INVITÉ
Luca Greco recommande « Adieu et Merci  », une performance réalisée par la danseuse et chorégraphe Latifa Laabissi.


RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ÉMISSION
Les réflexions de Virginia Woolf sur l’écriture comme outil d’émancipation et de re-subjectivation féminine, thématiques qu’elle explore dans « Une Chambre à Soi  » (1929) et « Trois Guinées  » (1938).

Le travail de la chercheuse en linguistique Robin Lakoff sur le genre et le langage, notamment « Language and Woman’s place  » (1975).

La chronique d’Alice Antheaume sur France Inter, à propos du manterrupting.

En anglais, l’ouvrage « From Drag Queens to Leathermen  » de Rusty Barrett (2017), qui a étudié le type de langage employé par un groupe de drag-queens homosexuels afro-américains.

« Borderlands/La Frontera  », un recueil de poèmes et de nouvelles écrits par Gloria E. Anzaldúa, une écrivaine, poétesse et militante féministe.

Le plurilinguisme poétique d’Amelia Rosselli, une poétesse et écrivaine féministe dont le travail mêle français, italien et anglais.


CRÉDITS
Les couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Réalisation : Quentin Bresson. Prise de son : Solène Moulin. Générique : Théo Boulenger. Chargée de production : Juliette Livartowski. Chargée d’édition : Camille Regache. Identité graphique : Seb Brothier (Upian). Direction des programmes : Joël Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.