Pourquoi associe-t-on spontanément la virilité à la consommation de viande ? L’idéologie sexiste – la domination des hommes sur les femmes – a-t-elle des liens avec le rapport de domination que l’humanité entretient avec ce qu’on appelle les animaux, et qui nous permet de trouver normal qu’on tue chaque année des milliards de vaches, cochons, poulets, moutons, poissons pour les manger ?

Et si oui, quelles convergences établir entre les luttes pour les droits des animaux et des luttes féministes ?

Pour comprendre, Victoire Tuaillon s’entretient avec les auteurices de l’ouvrage « Solidarité animale : défaire la société spéciste ». Axelle Playoust-Braure a étudié la sociologie à  l’Université du Québec à Montréal et s’intéresse à  la théorisation des rapports d’élevage et des catégories humanité/animalité dans une perspective matérialiste, inspirée du féminisme issu de ce courant. Yves Bonnardel est philosophe, militant libertaire et égalitariste et et compagnon de route des Cahiers antispécistes.


OEUVRE DES INVITES
Solidarité animale : défaire la société spéciste, aux éditions La Découverte, 11 juin 2020 (collection Les Cahiers Libres).


RÉFÉRENCES CITÉES DANS L’ÉPISODE

Pourriez-vous devenir végétarien·ne ? «  Non  » répondent 66 % des hommes (contre 51 % de femmes), selon ce sondage Ipsos de 2018

Il y a un million de chasseurs en France, à 98 % des hommes, selon la Fédération nationale des chasseurs. Mais selon ce sondage Ipsos 2018, seul 19 % des Français sont favorables à la chasse.

Le livre de Carol J. Adams «  La politique sexuelle de la viande  », paru en 1990 aux Etats-Unis s’est imposé comme un ouvrage de référence dans le domaine du droit animal. Dans cette théorie critique féministe végétarienne, la féministe militante Carol J. Adams explore la relation entre les valeurs patriarcales et la consommation de viande à travers leurs représentations dans l’histoire, les médias et la littérature.

Frances Power Cobbe est une militante irlandaise des droits des femmes et des animaux : elle a été suffragiste et a fondé la Society for the Protection of Animals Liable to Vivisection en 1875, la première organisation mondiale de lutte contre l’expérimentation animale.

Sévérine, l’une des premières journalistes (1855-1929), qui a notamment écrit : «  Parce que je ne suis qu’une femme, parce que tu n’es qu’un chien, parce qu’à des degrés différents sur l’échelle sociale des êtres, nous représentons des espèces inférieures au sexe masculin – si pétri de perfection – le sentiment de notre mutuelle minorité a crée entre nous plus de solidarité encore, une compréhension davantage parfaite…  »

Paola Cavalieri, autrice sur les Cahiers antispécistes.

Le Black Veganism, théorisé notamment par la philosophe américaine Syl Ko qui veut comprendre la dualité humain-animal à la lumière du concept de race.

Sunaura «  Sunny  » Taylor est une peintre, écrivaine et activiste américaine oeuvrant contre le capacitisme et pour les droits des animaux. Elle a notamment écrit «  Braves Bêtes : Animaux et handicapés, même combat ?  » publié aux éditions Portrait, 2019.


OEUVRES RECOMMANDÉES PAR LES INVITEÉ·ES

Axelle Playoust-Braure recommande le documentaire Maso et Miso vont en bateau, du collectif Les Insoumuses, un documentaire féministe de 1976 qui commente, critique et détourne l’émission spéciale de Bernard Pivot avec Françoise Giroud, secrétaire d’État chargée de la condition féminine… L’émission que l’on peut visionner ici  : et le documentaire «  Miso et Maso  » est disponible sur la plateforme Tenk.

Yves Bonnardel recommande la chanson de Ysabel « Les rois de la création  » .


CRÉDITS
Les couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Cet entretien a été enregistré le 16 mai 2020 à  domicile. Réalisation et mixage : Quentin Bresson. Générique : Théo Boulenger. Chargée d’édition : Camille Regache. Direction des programmes : Joë Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.