Quand il s’agit de cuisiner à la maison, les statistiques montrent que si vous êtes un homme, il est probable que vous passiez moins de temps à cuisiner qu’une femme. Le temps moyen consacré à la cuisine, chez les personnes en couple avec ou sans enfants, est de 50 à 59 minutes pour les femmes, contre 15 à 18 minutes pour les hommes. Mais quand il s’agit de cuisiner au restaurant, de façon professionnelle… comme l’ont formulé le collectif les Insoumuses en 1976, « Les femmes font de la cuisine gratuite, les hommes de la cuisine rentable ». Est-ce toujours vrai aujourd’hui ? 

Dans la première partie de cet épisode consacré aux liens entre masculinité et nourriture, Nora Bouazzouni, journaliste et autrice culinaire, fait le point sur le genre et le fait de cuisiner. 

Pourquoi quand on entend «  cuisinier  », on pense à un chef étoilé, alors que quand on dit «  cuisinière  », on pense à la dame de la cantine ? Réputé particulièrement misogyne et violent, le milieu de la restauration a-t-il connu son moment #MeToo ? Pourquoi y’a-t-il plus de chefs que de cheffes dans les classements internationaux des meilleurs restaurants ? Le fait d’être élevé comme un garçon créé-t-il une relation différente à la nourriture ? 


OEUVRE DE L’INVITÉE
« Faiminisme : quand le sexisme passe à table » de Nora Bouazzouni, publié aux éditions Nourifurtu, dont on peut lire un extrait ici.


RÉFÉRENCES DE L’ÉPISODE
L’enquête Emploi du temps de l’INSEE.

« Miso et Maso vont en bateau » du collectif Les Insoumuses, est un documentaire féministe de 1976 qui commente, critique et détourne l’émission spéciale de Bernard Pivot avec Françoise Giroud, secrétaire d’état chargée de la condition féminine… L’émission que l’on peut visionner ici et le documentaire « Miso et Maso vont en bateau » est disponible sur la plateforme Tenk.

Cette citation de Pierre Bourdieu, tirée de son livre « La Domination masculine » (1998), à propos de la cuisine et de la couture : 
« Les mêmes tâches peuvent être nobles et difficiles quand elles sont réalisées par des hommes, ou insignifiantes et imperceptibles, faciles et futiles, quand elles sont accomplies par des femmes ; il suffit que les hommes s’emparent de tâches réputées féminines et les accomplissent hors de la sphère privée pour qu’elles se trouvent ennoblies et transfigurées. »

Le compte Instagram « Je dis Non, chef  » qui dénonce les comportements sexistes en cuisine, lancé par Camille Aumont Carnel.

Pour une histoire de la cuisine professionnelle, l’article «  Cheffe de cuisine : le coût de la transgression » de Martine Bourelly dans les Cahiers du Genre.

Enquête Ipsos de 2015 sur les Français et les régimes  : 57 % des hommes disent faire attention à leur poids contre 67 % des femmes ; ils sont moins nombreux à avoir suivi un régime 55 % de femmes, 32 % d’hommes.

Ces articles de Slate sur les hommes et les troubles du comportement alimentaire : le témoignage « Je suis un homme boulimique » et « Les hommes anorexiques peinent à sortir de l’ombre »

En France comme aux Etats-Unis, les parents googlent deux fois plus souvent « ma fille est-elle en surpoids » que « mon fils est-il en surpoids », et « mon fils est-il surdoué » plutôt que « ma fille est-elle surdouée ». 


OEUVRE RECOMMANDÉE
Nora Bouazzouni recommande la saga de fantasy de Terry Pratchett, Les Annales du Disque Monde (41 romans écrits entre 1983 et 2013).


CRÉDITS
Les couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Cet entretien a été enregistré le 18 mai 2020 à domicile. Réalisation et mixage : Quentin Bresson. Générique : Théo Boulenger. Chargée d’édition : Camille Regache. Direction des programmes : Joël Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.