Ceux qui commettent des violences sexuelles ont une chose en commun : ils sont de genre masculin. L’immense majorité des violences sexuelles sont commises par des hommes : entre 94 % et 98 %. Qu’est-ce qui dans la socialisation masculine, la façon dont sont éduqués les garçons, pourrait permettre de l’expliquer ?

Comment la dénonciation de certaines violences sexuelles, celle des « tournantes » par les « jeunes de banlieue » par exemple, sert-elle par contraste à construire la figure de « l’homme véritable » ?

La culture du viol existe partout dans le monde, mais elle prend en France des formes bien spécifiques, comme l’explique dans son livre Valérie Rey-Robert, autrice du blog féministe Crêpe Georgette. L’argument de la « séduction », de « l’amour courtois » est souvent utilisé pour justifier des comportements sexuels violents.

Du vicomte de Valmont dans Les Liaisons Dangereuses aux tableaux de Fragonard, en passant par l’analyse du traitement médiatique de deux affaires impliquant des hommes célèbres, DSK et Ramadan, comment le mythe du « séducteur à la française » alimente-t-elle la culture du viol ?


LIVRE DE L’INVITÉE
« Une culture du viol à la française  » de Valérie Rey-Robert (éditions Libertalia, 2019).


RECOMMANDATION DE L’INVITÉE
Valérie Rey-Robert recommande « Certains l’aiment chaud  », un film de Billy Wilder sorti en 1959.


RÉFÉRENCES
Selon une étude « Population & Société » menée par l’INED en 2016, « Les violences sexuelles mentionnées par les femmes sont quasi exclusivement le fait d’un ou plusieurs hommes (entre 94 % et 98 %) ».

Les travaux de Michael Kimmel sur la place des violences sexuelles dans les rites d’initiation à la virilité et de passage à l’âge adulte chez les jeunes blancs américains : son ouvrage « Guyland, The Perilous World Where Boys Become Men » (éditions Harper, 2008), et cet article de Crêpe Georgette qui y fait référence.

Les travaux de la chercheuse américaine Joan Scott : dans cet article publié dans Libération au moment de l’affaire DSK, elle analyse les liens entre « séduction à la française » et culture du viol.

Les travaux de Maxime Triquenaux sur la culture du viol dans la littérature classique, notamment deux articles : « Laclos, Casanova et la culture du viol, ou du danger de fétichiser le XVIIIè siècle » et « Ceci (n’)est (pas) un viol. Quelques réflexions sur le point de vue en littérature à partir d’un récit de viol chez Casanova ».

Pépé le Putois, un personnage des dessins animés Looney Tunes : une figure du « séducteur à la française », harceleur.

« Les liaisons dangereuses » de Pierre Choderlos de Laclos (1782).

Le Verrou (1776–1779) et La Résistance Inutile (1770-1773) de Jean-Honoré Fragonard.

Selon une enquête menée par l’INED en 2006, 5 % des hommes déclarent avoir subi des rapports sexuels forcés – ou des tentatives – au cours de leur vie.

Cet article de Mymy Haegel sur Madmoizelle qui montre comment la culture populaire tourne en dérision les hommes victimes de violence sexuelle.

Cet article de Médiapart, à propos de l’enquête que le média n’a pas pu terminer sur le cinéaste Claude Lanzmann.


CRÉDITS
Les couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Réalisation : Quentin Bresson. Générique : Théo Boulenger. Chargée de production : Juliette Livartowski. Chargée d’édition : Camille Regache. Identité graphique : Seb Brothier (Upian). Direction des programmes : Joël Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.