On a vu déferler une marée violette dans plusieurs villes de France ce week-end : des femmes défilant contre les violences qu’elles subissent. Dans les cortèges, certains slogans faisaient écho à une affaire récente : le procès aux assises de Georges Tron pour viol et agression sexuelle en réunion, qui s’est conclu par son acquittement. Un procès à la fois unique et symbolique.

Unique par le profil de l’accusé, qui est maire de Draveil, ancien député, et ancien membre du gouvernement Fillon. Symbolique, car il illustre la difficulté de la justice française à juger les violences sexistes et sexuelles, surtout quand l’accusé est un homme détenant un certain pouvoir.

Certes, l’affaire n’est pas terminée, le parquet ayant fait appel, ouvrant la voie à un second procès. Mais ce premier passage aux assises pose un certain nombre de questions : quelles leçons tirer de l’affaire Tron ? Notre droit actuel est-il adapté pour traiter ce genre d’affaires ? Peut-on juger un homme puissant ? Et enfin, de quelle manière les associations de défense de victimes de violences sexuelles ont vécu et analysent le déroulé de l’audience et le verdict ?

Thomas Rozec, accompagné de Victoire Tuaillon des Couilles sur la table, reçoivent pour en discuter Michel Deléan, journaliste à Médiapart, qui a couvert le procès dans son intégralité, et Marylin Baldeck, déléguée générale de l’AVFT, association qui était partie civile dans le dossier. 

NB : A 20’51 », Marilyn Baldeck fait référence à cette affaire de viol, jugée dans la Manche, où l’accusé aurait été acquitté car « qu’il n’aurait pas eu les codes culturels suffisants pour comprendre que cette très jeune fille n’était pas d’accord”. Il est apparu finalement que cet argument n’avait pas été utilisé ni par la cour, ni par la défense (élément dont Marilyn Baldeck ne pouvait pas avoir connaissance au moment de l’interview, au vu de la couverture journalistique). Ce qui ne change rien au fond de son analyse : les décisions prises par les juges dans les affaires de violences sexuelles montrent qu’on considère que les femmes sont consentantes par défaut (et que ce n’est pas à la personne accusée de prouver qu’elle s’était assurée du consentement).

Les conclusions de la Cour dans le procès Georges Tron, 1/2
Les conclusions de la Cour dans le procès Georges Tron, 2/2

CRÉDITS
Réalisation : Vincent Hiver. Chargée de production et d’édition : Lorraine Besse. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction de programme : Joël Ronez. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles. Musique : François Clos et Thibault Lefranc. Production : Binge Audio.